Numéro 5 – Les politiques d’accountability
Les politiques d’accountability
Sous la direction de Vincent Dupriez et Nathalie Mons
Numéro 5, 20118 articlesISSN 0339-5456
Ce volume est en libre accès.
Citer ce numéro
Format APA
Dupriez, V. & Mons, N. (dir.). (2011). Les politiques d’accountability [numéro thématique]. Éducation comparée, 5.
Référence papier
Vincent Dupriez et Nathalie Mons (dir.), « Les politiques d’accountability », Éducation comparée, 5 | 2011.
Référence électronique
Vincent Dupriez et Nathalie Mons (dir.), « Les politiques d’accountability », Éducation comparée [En ligne], 5 | 2011. URL : https://afec-info.fr/numero-5/
Sommaire
Introduction
Introduction. Les politiques d’accountability. Du changement institutionnel aux transformations locales
Vincent Dupriez, Nathalie Monsp. 7-16
Articles
Making educational accountability system work for equity. Learning from the U.S. experiences and studies
Jaekyung LeeCet article propose une synthèse critique de recherches sur l’impact des tests externes à « enjeux forts » et l’impact des politiques d’imputabilité fondées sur ces tests. À partir de l’expérience nord-américaine, nous pouvons identifier ce qui marche et ce qui ne marche pas pour améliorer la réussite des élèves et réduire les inégalités, notamment entre communautés ethniques. Une récente méta-analyse synthétisant des travaux antérieurs ne fait apparaître que des effets modestes et une absence d’effets sur l’écart entre groupes ethniques. En construisant un modèle fondé sur le potentiel plutôt que sur des déficiences, cette revue de la littérature identifie des dimensions d’intervention critiques vis-à-vis des élèves et des écoles. La discussion suggère des recommandations en termes de politiques à développer pour la prochaine génération de politiques d’imputabilité.p. 17-34
Un analyseur des formes de redéfinition stratégiques de l’État. Les politiques d’imputabilité en direction des enseignants en Angleterre et aux États-Unis
Régis MaletLes principes d’organisation et d’administration de l’école en Angleterre et aux États-Unis ont connu de profondes transformations dans la période contemporaine. Dans ces deux pays, des modalités de régulation ont été adoptées en rupture avec les périodes précédentes. En Angleterre, l’État a considérablement accru son pouvoir sur les écoles et les autorités locales et assumé un rôle de prescription et d’évaluation du changement. Simultanément, le gouvernement fédéral des États-Unis s’est soucié d’accroître ses capacités de régulation et de contrôle des écoles et des enseignants, en mettant en place des dispositifs de certification et d’évaluation. Ces transformations s’inscrivent dans un processus de redéfinition du rôle et de l’autorité de l’État dans le domaine éducatif et scolaire, lequel prend des formes contrastées eu égard à l’arrière-plan politique, institutionnel et éducatif des réformes. Cet article propose un examen comparé de ces enjeux en Angleterre et aux États-Unis.p. 35-60
L’évaluation des établissements secondaires en France, un accueil différencié des chefs d’établissement et des enseignants. L’exemple de l’académie de Lille
Juliette VerdièreAprès avoir présenté les différents outils, principalement statistiques, qui permettent d’évaluer les établissements secondaires en France, l’article s’intéresse plus particulièrement à la manière dont chefs d’établissement et enseignants s’en saisissent, à partir d’une enquête qualitative menée auprès de ces deux catégories de professionnels. On voit ainsi que les chefs d’établissement utilisent les outils d’évaluation dans des buts de mobilisation de leur équipe ou pour la négociation avec leurs partenaires extérieurs. Les enseignants ont des positions plus réservées, car ils sont moins convaincus d’une part de la légitimité de ces différents indicateurs, et d’autre part de leur intérêt pour les soutenir dans leur travail quotidien en classe.p. 61-81
Les politiques d’imputabilité en Ontario et au Québec. Le point de vue des directions
Pierre-David Desjardins, Claude LessardCet article porte sur la manière dont les politiques d’imputabilité sont reçues par les directions d’école des villes canadiennes de Toronto et de Montréal. Trois dimensions de la réception des politiques sont analysées : la perception de la légitimité des dispositifs de reddition de comptes, les usages des outils d’évaluation, et la perception des effets que ces dispositifs ont eus sur le travail des directions d’école. Suivant Harris et Herrington (2006), il ressort de l’analyse que les deux provinces se situent aux confluents des logiques de market-based et de government-based accountability, mais d’une manière différente. Le Québec s’avère plus porté vers la market-based accountability et éprouve de la difficulté à implanter un dispositif de reddition de comptes basé sur des standards fixés par l’État. À l’opposé, en Ontario, la government-based accountability agit comme contrepoids à la market-based accountability.p. 83-106
Individual or collective responses to accountability policies. A comparative study of teacher professionalism in Norway and Sweden
Ingrid Helgøy, Anne Dåsvatn HommeCet article propose un examen des relations entre les politiques d’imputabilité et le professionnalisme enseignant dans deux pays européens, la Norvège et la Suède. Les politiques d’imputabilité sont ici approchées en tant qu’elles affectent tant les enseignants engagés localement et individuellement sur leur lieu de travail, que la profession enseignante en tant que collectif participant aux décisions politiques. Après avoir différencié les effets des politiques d’imputabilité sur le professionnalisme enseignant, il est proposé, à travers cette étude comparée, une différenciation entre processus d’individualisation et de collectivisation.p. 107-125
Accountability et confiance dans l’institution scolaire
Christian MaroyDans quelle mesure la montée de la reddition de comptes et de l’évaluation en éducation est-elle significative d’un déclin de la confiance de l’État, des administrateurs scolaires et des usagers dans la capacité des organisations scolaires à remplir correctement leurs missions ? N’est-elle pas également symptomatique d’une perte de confiance à l’égard des enseignants et de leur professionnalisme ? Nous traiterons ces questions en proposant une réflexion à partir des théories de la confiance en sciences sociales. Nous argumentons que les dispositifs d’accountability tendent surtout à réduire l’incertitude des clients et des managers quant aux risques d’opportunisme et d’opacité des opérateurs scolaires, au risque d’une perte d’autonomie professionnelle des enseignants et sans pour autant que l’école ne redevienne une institution politique digne de confiance.p. 127-154
Varia
Structure des systèmes éducatifs et inégalités sociales de performances
Marie Duru-Bellat, Lisa BydanovaL’article analyse la variabilité des inégalités entre élèves selon les pays et l’impact de l’organisation des systèmes éducatifs sur ces différences. En utilisant les données récentes des enquêtes PISA et PIRLS, on cherche à comprendre plus particulièrement comment évoluent les inégalités entre le primaire et le secondaire et quels sont les facteurs qui déterminent ces évolutions.p. 157-185